TABLE DES MATIÈRES.
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TRENTE ET UNIÈME LEÇON.
Objet du cours. — Des éléments de l’unité nationale. —Usexistent et commencent à se développer, en France, versla fin du xe siècle. — De là date la civilisation française. —L'époque féodale sera l’objet de ce cours.— Elle comprendles xie, xne et xme siècles, de Hugues Capet à Philippe deValois. — Preuves que ce sont là les limites de l’époqueféodale. — Plan du cours. — Histoire : 1® de la société ;2o de l’esprit humain pendant l’époque féodale.—L’histoirede la société se divise en : lo histoire de la société civile;2o histoire de la société religieuse. — L’histoire de l’es-prit humain se divise en : lo histoire de la littérature sa-vante, en latin ; 2o histoire de la littérature nationale, enlangue vulgaire. — Importance du moyen âge dans l’his-toire de la civilisation française. — De l’état actuel desopinions sur le moyen âge. — Est-il vrai que l’impartialitéhistorique et la sympathie poétique pour cette époque aientdes dangers? — Utilité de cette étude. ..... 459
TRENTE-DEUXIÈME LEÇON.
Nécessité d’étudier la formation progressive du régime féo-dal. — On oublie souvent que les faits sociaux ne se for-ment que lentement, et subissent, en se formant, beau-coup de vicissitudes. — Décomposition du régime féodaldans ses éléments essentiels. Ils sont au nombre de trois :lo la nature de la propriété territoriale ; 2° la fusion de lasouveraineté et de la propriété ; 5° l’organisation hiérar-chique de l’association féodale. — De l’état de la propriététerritoriale du ve au xc siècle. — Origine et sens du motfeodum. — 11 est synonyme de beneficium. — Histoire desbénéfices du ve au xo siècle. — Examen du système de Mon-tesquieu sur la gradation légale de la durée des bénéfices.
— Causes de l’accroissement du nombre des bénéfices. —
Presque toute la propriété foncière devient féodale. . 466
TRENTE-TROISIÈME LEÇON.
De la fusion de la souveraineté et de la propriété, second ca-ractère du régime féodal. — Vrai sens de ce fait. — Sonorigine. — Il ne vient ni de la société romaine, ni de labande germaine. — Est-il le résultat de la conquête seule?
— Du système des publicistes féodaux à cet égard. — Desdeux formes de la société en Germanie, la tribu et la bande.
— Organisation sociale de la tribu. — La souveraineté do-mestique y est distincte de la souveraineté politique. —Double origine de la souveraineté domestique chez les anciens Germains. — Elle était née de la famille et de laconquête. — Ce qui arriva de l’organisation de la tribu ger-maine, et spécialement de la souveraineté domestique, après
l’établissement des Germains dans la Gaule. — Ce qu’elletenait de l’esprit de famille s'affaiblit. — Ce qu'elle tenaitde la conquête devint dominant. — Résumé et véritable ca-ractère de la souveraineté féodale.475
TRENTE-QUATRIÈME LEÇON.
De l’association générale des possesseurs de fiefs entre eux ;troisième caractère du régime féodal. — Par la naturemême de ses éléments, cette association a dû être faible etirrégulière. — Elle l’a toujours été en effet. — Fausseté dutableau que tracent, de la hiérarchie féodale, les apologis-tes de ce régime. — Son incohérence et sa faiblesse étaientsurtout extrêmes à la fin du xe siècle. — De la formation decelle hiérarchie du v° au xe siècle. — Trois systèmes d’in-
stitution sont en présence après l’invasion germaine : lesinstitutions libres, les institutions monarchiques, les insti-tutions aristocratiques. — Histoire comparée de ces trois
systèmes. — Décadence des deux premiers. — Triomphedu troisième , qui demeure cependant incomplet et désor-donné.... 485
TRENTE-CINQUIÈME LEÇON.
De la méthode à suivre dans l’étude de l’époque féodale. —Le simple fief est l’élément fondamental, la molécule inté-grante de la féodalité. — Le simple fief contient : lo le châ-teau et ses propriétaires ; 2° le village et ses habitants. —Origine des châteaux féodaux. — Leur multiplication auxixe et xe siècles. — Ses causes. — Efforts des rois et des su-zerains puissants pour s'y opposer. — Vanité de ces efforts.
— Caractère des châteaux du xie siècle. — Vie intérieure
des propriétaires de fiefs. — Leur isolement. — Leur oisi-veté. — Leurs guerres, courses et aventures continuelles.—Influence des circonstances matérielles des habitations féo-dales sur le cours de la civilisation. — Développement dola vie domestique , de la condition des femmes et de l’espritde famille dans l’intérieur des châteaux.491
TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
Efforts des possesseurs de fiefs pour peupler et animer l’inté-rieur du château.—Moyens qui se présentent pour atteindreà ce but. — Des offices donnés en fief. — De l’éducation desfils des vassaux dans le château du suzerain. — De l’admis-sion du jeune homme parmi les guerriers, dans l’ancienneGermanie. — Ce fait se perpétue après l’invasion. — Doubleorigine de la chevalerie. — Fausse idée qu’on s'en est for-mée. — La chevalerie est née simplement, sans dessein,dans l’intérieur des châteaux, et par suite , soit des ancien-nes coutumes germaines, soit des relations du suzerain avecses vassaux. — Influence de la religion et du clergé sur lachevalerie. — Cérémonies de la réception des chevaliers. —Leurs serments. — Influence de l’imagination et de la poé-sie sur la chevalerie. — Son caractère moral et son im-portance sous ce rapport. — Comme institution, elle estvague et sans consistance. — Prompte décadence de la che-valerie féodale. — Elle enfante les ordres : 1° de chevaleriereligieuse ; 2o de chevalerie de cour.500
TRENTE-SEPTIÈME LEÇON.
De l’état de la population agricole, ou du village féodal. — Sacondition paraît longtemps stationnaire. — Fut-elle fortchangée par l'invasion des Barbares et l’établissement durégime féodal. — Erreur de l’opinion commune à ce sujet.
— Nécessité d’étudier l’état de la population agricole dansles Gaules , avant l’invasion , sous l'administration romaine.
— Sources de cette étude. — Distinction entre les colons etles esclaves. — Différences et ressemblances de leur con-dition. — Relations des colons : 1° avec les propriétaires;2o avec le gouvernement. — Comment on devenait colon.
— De l’origine historique de la classe des colons. — Incer-titude des idées de M. de Savigny. — Conjectures, . 510
TRENTE-HUITIÈME LEÇON.
De l’état de la population agricole en Gaule du ve au xiv* siècle.
— Il ne changea pas autant qu’on le pense communément.
— Des deux principaux changements qui durent s’y accom-plir et s’y accomplirent en effet.—Insurrections des paysans