IPHIGÉNIE.
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KKII'IIILE.
Moi ! vous me soupçonnez de cette perfidie !
Moi ! j’aimerais, madame, un vainqueur furieux,
Qui toujours tout sanglant se présente à mes yeux,
Qui, la flamme à la main, et de meurtres avide,
Mit en cendres Lesbos....
IPHIGÉNIE.
Oui, vous l’aimez, perfideEt ces mêmes fureurs que vous me dépeignez,
Ces bras (pie dans le sang vous avez vus baignés,
Ces morts, cette Lesbos, ces cendres, cette llamme,Sont les traits dont l’amour l’a gravé dans votre âme;Et, loin d’en détester le cruel souvenir,
Vous vous plaisez encore à m’en entretenir.
Déjà plus d’une fois dans vos plaintes forcéesJ’ai drt voir et j’ai vu le fond de vos pensées :
Mais toujours sur mes yeux ma facile bontéA remis le bandeau que j’avais écarté.
Vous l’aimez. Que faisais-je? et quelle erreur fataleM’a fait entre mes bras recevoir ma rivale ?
Crédule, je l’aimais : mon cœur même aujourd’huiDe son parjure amant lui promettait l’appui.
Voilà donc le triomphe où j’étais amenée!
Moi-même à votre char je me suis enchaînée.
Je vous pardonne, hélas! des vœux intéressés,
Et la perte d’un cœur que vous me ravissez :
Mais que, sans m’avertir du piège qu’on me dresse,Vous me laissiez chercher jusqu’au fond de la GrèceL’ingrat qui ne m’attend (pie pour m’abandonner,Perfide, cet affront se peut-il pardonner?
Élill'IllLE.
Vous me donnez des noms qui doivent me surprendre,Madame : on 11e m’a pas instruite à les entendre;
Et les dieux, contre moi dès long-temps indignés,
A mon oreille encor les avaient épargnés.
Mais il faut des amants excuser l’injustice.
Et de quoi vouliez-vous que je vous avertisse?Avez-vous pu penser qu’au sang d’AgamemnonAchille préférât une fille sans nom,
Qui de tout son destin ce qu’elle a pu comprendre,C’est qu’elle sort d’un sang qu'il brûle de répandre?