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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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ipuioenie.

i \ 6

Vous qui depuis un mois, hrùtant sur ce rivage,

Avez conclu vous-même et hâté leur voyage?

Achille.

De ce même rivage absent depuis un mois,

Je le revis hier pour la première fois.

ékiphilk.

Quoi! lorsqu’Agamemnon écrivait à Mycène,

Votre amour, votre main n’a pas conduit la sienne?Quoi! vous, qui de sa fille adoriez les attraits....

ACHILLE.

Vous m’en voyez encore épris plus que jamais, vMadame; et, si l’effet eût suivi ma pensée,

Moi-même dans Argos je l’aurais devancée.

Cependant on me fuit. Quel crime ai-je commis?

Mais je ne vois partout que des yeux ennemis :

Que dis-je? en ce moment Calcbas, Nestor, l'lyssc,De leur vaine éloquence employant l’artilice ,Combattaient mon amour, et semblaient m’annoncerQue, si j’en crois ma gloire, il y faut renoncer.

Quelle entreprise ici pourrait être formée ?

Suis-je, sans le savoir, la fable de l’armée?

Entrons : c’est un secret qu'il leur faut arracher.

SCÈNE YIII.

ÉRIPI1JLE , DOR1S.

- LlillllILK.

Dieux, qui voyez ma honte, où me dois-je cacher?Orgueilleuse rivale, on t’aime; et tu murmures!Souffrirai-je à la fois ta gloire et tes injures?

Ah! plutôt... Mais, Doris, ou j’aime à me Hat ter,

Ou sur eux quelque orage est tout près d’éclater.

J’ai des yeux. Leur bonheur n’est pas encor tranquilleOn trompe Iphigénie; on se cache d’Achille;Agamemnon gémit. Ne désespérons point;

Et, si le sort contre elle à ma haine se joint,

Je saurai profiter de cette intelligence

Pour ne pas pleurer seule et mourir sans vengeance.