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ACTE IV, SCKNE VT.
Tu le savais : pourquoi me laissais-tu séduire?
De leur furtive ardeur ne pouvais-tu m’instruire?
Les a-t-on vus souvent se parier, se chercher ?
Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher?
Hélas! ils se voyaient avec pleine licence;
Le ciel de leurs soupirs approuvait l’innocence ;
Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux;Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux :Et moi, triste rebut de la nature entière,
Je me cachais au jour, je fuyais la lumière;
La mort est le seul dieu que j’osais implorer.J’attendais le moment où j’allais expirer : •
Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée,
Encor, dans mon malheur de trop près observée,
Je n’osais dans mes pleurs me noyer à loisir,
Je goûtais en tremblant ce funeste plaisir;
Et, sous un front serein déguisant mes alarmes,
11 fallait bien souvent me priver de mes larmes.
OENOiNE.
Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours?
Ils ne se verront plus.
l'IlÈDRE.
Ils s’aimeront toujours!
Au moment que je parle, ah mortelle pensée! •
Ils bravent la fureur d’une amante insensée :
Malgré ce même exil qui va les écarter,.
Ils font mille serments de ne se point quitter.
Non, je ne puis souffrir un bonheur qui m’outrage,Œnone; prends pitié de ma jalouse rage.
Il faut perdre Aricie; il faut de mon épouxContre un sang odieux réveiller le courroux :
Qu’il ne se borne pas à des peines légères;
Le crime de la sœur passe celui des frères.
Dans mes jaloux transports je le veux implorer.
Que fais-je? où ma raison se va-t-elle égarer?
Moi jalouse? et Thésée est celui que j’implore.
Mon époux est vivant; et moi je brûle encore!
Pour qui? quel est le cœur où prétendent mes vœux?Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveuxMes crimes désormais ont comblé la mesure :
Je respire à la fois l’inceste et l’imposture;
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