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Portraits contemporains / par C.-A. Sainte-Beuve
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M. BALLANCHE.

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morts durant le siège, et il les invoque comme un seulêtre. Fénelon, Pascal, Racine, sainte Thérèse, lob etVirgile s'entremêlent sans cesse; il est vrai que tout àcôté lauteur compare avec délectation Delille et Saint-Lambert, quil groupe ensemble Léonard, Florian etBerquin, comme ne formant à eux trois quun seulgénie; Goethe, par son Werther, lui paraît pourtantsupérieur. 11 parle de 1Êlisa de Sterne et de Raynalen amant transporté qui cherche une Béatrix et quilaura. La beauté des campagnes, les coteaux qui en-cadrent Lyon, Grigny se passèrent les années ca-chées de la Terreur, lui sont aussi doux à la penséeque la terre de Milly à Lamartine. Mais rien de toutcela na la composition ni la forme, ni même lorigina-lité de détail, et M. Ëallanche a pu retrancher le livredu Sentiment de son œuvre complète sans se montrertrop sévère. Toutefois, indépendamment des accents devive sensibilité qui recommandent certaines pages, ilconvient de remarquer, comme un délinéament da-venir, lopinion que le jeune auteur exprimait au sujetdes Chartres, ainsi quon disait alors. En face de cetteécole des conslitutionnistes dont Sieyès était le grandprêtre et qui pensait quune bonne constitution écritepouvait sappliquer immédiatement à un peuple quel-conque, lauteur du Sentiment réclamait pour le carac-tère profond, historique et presque divin, de touteinstitution sociale ayant racine dans une nation. M. Bal-lanche avait lu, dès cette époque, les Considérationssur la Révolution française, par de Maistre, et, tout enignorant le nom de lécrivain, il citait des passages de