■22H PORTRAITS CONTEMPORAINS,
qui fait pleurer, une parole, un reflet, un débris,quelque chose qu’elle eût dit ou qu’elle eût touché,une feuille de sa porte, fût-elle sèche déjà : cette Mariebelle encore, l’honneur modeste de la vallée inconnuequ’arrosent l’Élé et leLaita,- ne lira jamais ce livrequ’elle a dicté, et ne saura même jamais qu’il existe,car elle ne connaît que la langue du pays, et d’ailleurselle ne le croirait pas. Voilà le roman, l’idée dominantede ce charmant petit livre, et tout ce qui s’y ajouted’étranger se compose à merveille à l’entour. Ce sontd’autres souvenirs du pays et de la famille, des nocessingulières, des retours de vacances, des adieux et detendres envois d’un fils à sa mère, de calmes et riatitsintérieurs de félicité domestique; ce sont par endroitsdes confidences obscures et enflammées d’un autreamour que celui de Marie, d’un amour moins innocent,moins indéterminé et qui peut se montrer sans rivalitédans les intervalles du premier rêve, car il n’était pasdu tout de même nature; ce sont enfin les goûts del’artiste, les choses et les hommes de sa prédilection,le statuaire grec et M. Ingres sectateur de l’antiquebeauté, des vers à la mémoire de ce Georges Farcy quesa mort a révélé à la France, et qui eût aimé ce livres’il avait vécu, et qui, en le lisant, eût envié de lefaire; partout une nature élégante et gracieuse à la-quelle le cœur se confie; partout de bienveillantesimages et un pur désir du beau ; le doux Virgile en robetraînante et les cheveux négligés, s’appuyant sur lebras de Mécène au seuil du palais d’Octave; un doutetolérant et chaste, la liberté cl^ipeqtp; Jésus homme ou