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Portraits contemporains / par C.-A. Sainte-Beuve
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AUGUSTE ^ARBIËK.

ton grandiose, naturel, même un peu cru : mais cesmorceaux ne sont pas encore maintenant publiés.

On voit donc que ce nétait pas chez nous une ma-tière banale, un sujet usé à traiter que lItalie. M. Bar-bier la embrassé dans son entier. Son poëme se diviseen quatre masses principales ou chants : 1° le CampoSanlo à Pise ; cest le vieil art toscan catholique auMoyen-Age que lauteur y ranime dans la personne etdans lœuvre du peintre Orcagna, contemporain deDante; 2° le Campo Vaccino, ou le Forum romain;solitude, dévastation, mort; la majesté écrasante desruines encadrant la misère et lignominie daujourdhui ;3° Chiaia, la plage de Naples pêchait Masaniello :cest un mâle dialogue entre un pêcheur sans nom, quisera Masaniello si lon veut, et Saïvator Rosa ; les espé-rances de liberté nont jamais parlé un plus poétiquelangage ; k° Bianca, ou Venise, cest-à-dire cette divinevolupté italienne que létranger du nord achète etprofane comme une esclave. Telle est la distributiongénérale du poëme, à laquelle il faut joindre, pour enavoir lidée complète, un prologue et un épilogue, puis,dans lintervalle de chaque chant, un triple sonnet surles grands statuaires, peintres et compositeurs, Michel-Ange, Raphaël, Cimarosa, etc.; lordonnance en unmot ne ressemble pas mal à un palais composé dequatre niasses ou carrés (les quatre chants), avec unmoindre pavillon à lextrémité de chaque aile (prologueet épilogue), et avec trois statues (les sonnets) danschaque intervalle des carrés, en tout neuf statues.Cette manière de traduire en architecture le plan du