Band 
II Des commencements de la réforme a notre temps.
JPEG-Download
 

38

CAMPAGNE DE 1529

tu rendras compte à Dieu de tout ceci. — Mon cherUlrich, repartit Æbli, Dieu bénit les bonnes inten-tions; » et, le cœur joyeux, il se dirigea vers le campdes catholiques.

Cependant des auxiliaires accouraient dans les deuxcamps, et 5000 Bernois s’approchaient, sous l’avoyerde Diesbach, mais lentement, et avec l’ordre de seborner à la défense de Zurich. De Glaris, d’Appen-zell, de Schafïhouse, de Fribourg et de Soleure arri-vaient des médiateurs. De toutes parts, on demandaitla prompte réunion d’une diète ; Berne la convoqua àArau.

Les miliciens entrés en campagne avaient le cœursuisse. Des hommes de parti les avaient jetés dansdes rangs opposés, sans les rendre ennemis. Quandils se rencontrèrent aux avant-postes, ce fut pourse souvenir d’une vieille amitié. Un jour, des catho-liques, manquant de pain, se firent faire prisonnierset revinrent bientôt dans leur camp, pourvus dece qui leur manquait. Un autre jour, quelques-unsd’entre eux posèrent sur la frontière un sceau de lait ;aussitôt les Zuricois d’accourir avec le pain, et tous demanger ensemble; seulement, lorsqu’une main tropavide poursuivait un morceau par delà le milieu duvase, ils la frappaient, en plaisantant, de leurs cuillersde bois, et la forçaient à respecter les limites. Ce futen cet état des esprits qu’Æbli tenta son œuvre de mé-diation. Les deux armées se présentèrent, chacune àson tour, l’une devant l’autre.

Les premiers, les députés des cinq cantons se rendi-rent dans le camp zuricois. Amicalement accueillis, ils