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Tome Premier.
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MARIE STUART.

chagrin profond qu’il semble impossible de luifaire oublier. Elle ne fait que répéter ces mots :« Je voudrais être morte 1 . » Ses sentiments étaienttrop visibles pour n’être pas connus de tout lemonde, et le pénétrant Lethington avait saisi lavraie cause du trouble où elle était, lorsqu’il avaitdit : « Son cœur succombe en pensant que le roidoit rester son mari, sans qu’elle aperçoive le moyende se délivrer de lui 2 . »

Cette connaissance des dispositions secrètes deMarie Stuart fit naître autour d’elle de funestespensées. Les membres du conseil privé que lesliens de la parenté ou de l’amitié unissaient à Mor-ton, à Lindsay, à Ruthven, et aux autres meurtriersde Riccio, songèrent, s’il faut en croire un récitfait sous l’inspiration et dans l’intérêt de MarieStuart, à obtenir leur pardon en entrant dans lespassions présentes de la reine qui affaiblissaient sesressentiments passés. L’astucieux Lethington com-bina ce plan avec autant d’adresse que de perver-sité. Ne mettant scrupule à rien, marchant indiffé-remment vers les buts les plus divers selon les

1 Lettre de Du Croc à l’archevêque de Glasgow, du 2 déc.Keith , préface , p. vu.

2 « That it is a heart break for lier, to tbink (bat lie shouldbe ber husband, and how to be free of him sche sees naoutgait. » Lettre de Lethington à l’archevêque de Glasgow,du 24 oct. 1566, dans Male. Laing, t. II, p. 74.