Band 
Tome Premier.
JPEG-Download
 

CHAPITRE VI.

421

— « Si vous ne me tirés (d’ici) par force, je n’ensortirai jamais 1 . »

Lorsqu’elle se croyait ainsi condamnée à un em-prisonnement sans fin, elle touchait au moment de sadéliVrance. George Douglas, mettant à son service undévouement aussi ingénieux que passionné, n’avaitpas cessé d’en chercher le moyen. Resté tout près deLochleven, il y avait entretenu des communicationsavec un page de sa mère, nommé le petit Douglas.C’est à l’aide de ce page, âgé de seize ans, qu’il pré-para l’évasion de la reine, que les Seton et les Ha-milton, avertis par lui, se tenaient prêts à recevoirà sa sortie du château. Le dimanche, 2 mai, fut lejour marqué pour cette seconde fuite mieux con-certée que la première et devant être plus heureuse.Les repas se faisaient en commun à Lochleven, et,pendant que tout le monde mangeait, les portes dela forteresse étaient fermées et les clefs en étaientplacées sur la table à côté du châtelain. Au repas dusoir 2 , le petit Douglas, en posant un plat devant le

1 Marie Stuart à Catherine de Médicis, 1 er mai 1568.Labanoff, t. II, p. 69.

2 Ce fut à neuf heures du soir que Marie s’échappa deLochleven, d’après le récit fait deux jours après à l’ambassa-deur de France, Villiers de Beaumont, par John Béton, quicoopéra à l’évasion , et que Marie Stuart envoya immédiate-ment en France pour y demander du secours. « Elle se sauvadimanche, à neuf heures du soir, comme vous le dira le