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MARIE STUART.
sion périlleuse des intérêts des deux royaumes ; celui d’Angleterredevant être entraîné dans tous les dangers qui menaçaient celui deFrance, presque toujours en guerre avec ses puissants voisins, àcause des sujets de contestation qu’il avait, pour le duché de Milan,le royaume de Naples, la Flandre, le royaume allié de Navarre ,avec le roi d’Espagne, pour la ville de Metz avec l’empire, tandisque l’Angleterre n’avait ni ennemis ni voisins puissants, et vivaiten paix sans craindre personne. Si, ajoutait-il, elle s’unit à la Francepar ce mariage, elle courra la même fortune dans la paix et dansla guerre. La France peut, à cause de sa grandeur, supportertoutes ces incommodités bien mieux que l’Angleterre, qui ne sau-rait d’aucune manière lui être comparée en force et en ressources.Le royaume d’Angleterre, qui semble avoir été destiné à la paixpar la Providence, serait plein de calamités 1 . »
Outre ces raisons, Cecil soutenait que la diversité des gouverne-ments s’opposait encore à ce mariage, et que, si le roi de Francevoulait, pour son avantage, transformer la constitution d’Angle-terre en celle de France, il enlèverait au peuple anglais ses libertés,plus grandes que celles d’aucun autre peuple 2 . Il ajoutait qu’onpouvait trouver encore d’autres inconvénients à ce mariage, pourl’Angleterre, et aucun pour la France. Il concluait en disant quel’inégalité des avantages rendait ce'.te proposition tout à fait sus-pecte 3 .
Élisabeth fit appeler Paul de Foix le lendemain , 17 février, et lui
1 « Deinde verisimile est regnum Angliæ subiturum eadem pericula quæGalliæ.At satis constat quam obnoxia Gallia est frequentibus et pene perpetuis bellis.Nam circumquaque, excepta Normania et Britannia minore, liabet vicinos sati3potentes cum quibus habet innumeras causas contentionis, veluti cum rege His-paniæ pro ducatu Mediolanensi, pro regno Neapolitano,proBurgundia, pro Flan-dria et pro socio regno Navarræ. Habet etiam litem cum Imperio pro civitate Me-tensi. Rursus habet Anglia nullam causam aut inferendi belli aut metuendi abalio quovis. Itaque cum regnum Angliæ, Dei gratia, nullos habet hostes aut vicinospotentes quos metuere possit aut propter justas aut injustas causas, solum hocest metuendum, neque vitari potest quod si in Gallia per hoc connubium cotijun-gatur eamdem fortunam in bello ac pace passurum est quam Gallia, et cum Galliapropter amplitudinem melius hæc incommoda quam Anglia, quæ nullo modo com-paranda est magnitudine ; regnum Angliæ, quod videtur divinitus constitutum adpacem, plénum erit calamitatum. » Ibid.
2 u Diversitas etiam politiæ regni Angliæ a gallica tanta est, ut si rex Galliæper suam utilitatem velit commutare formam Angliæ in gallicam, eripiet à plebeanglicana suas libertates quas certe habet multo majores quam quodvis aliudregnum habet. » Ibid.
■1 Tbid.