298 Mémoires pour fervir à Hlifi.ge , le voulut entretenir , & eut fan*doute beaucoup d’impatience de favoirquelles feroient fes propofitions.
La Reine, de Ton côté, étoit demeuréeextrêmement trille de l’entrevue de Ma-dame de Savoye. Elle n’avoit point trou-vé la Princefle Marguerite à fon gré ;elle ne Pavoit pas trouvée belle ; &quand elle l’auroit été , elle voyoic parce mariage la guerre s’établir entre laFrance & l’Efpagne plus fortement quepar le palTé. Elle regardoic le Roi fonfils par fa couronne & par fa person-ne , comme le plus digne mari qui futalors fur la terre, & elle ne voyoit riende grand dans la Princefîë Marguerite,que la vertu & une nailïànce, qui, toutegrande qu’elle étoit, le devoir céder kl’Infante. Elle avoit été le rebut du Ducde Bavière, qui lui avoit préféré fa ca-dette à caufe de fa beauté. Elle ne con-noifloit pas encore fes bonnes qualités»qui, dans le féjour qu’elle fit à Lyon,parurent à la Reine même fort eftirea-blés; mais quand elle les auroit pu re-marquer telles qu’elles étoient, elle per-doit enfin î’efpérance de voir fa niece,l’Infànte d’Efpagne, lui donner de petits-enfants, qui dévoient être de fon fangde tous côtés. Comme elle avoit négligé