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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE VI.

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historien moderne, et qui cependant méritaient de l’être ;car il ne faut pas que la crainte de paraître ajouter foiaux miracles du moyen âge fasse négliger des détails demœurs, sans lesquels Fhistoire est vague et presque inin-telligible.

« En retournant vers Paris, où il avait résolu de fixer« sa résidence, le roi Chlodowig passa par Orléans, et« s’y arrêta quelques jours avec une partie de son armée.« Pendant son séjour dans cette ville, l’évêque de Poi-« tiers Adelphius lui amena un abbé nommé Fridolin,« qu’on regardait comme saint, et que le roi souhaitait« beaucoup de connaître. Les deux voyageurs arrivèrent« au quartier des Franks, le solitaire à pied et l’évêque à« cheval, comme il convenait. Le roi vint lui-même au-« devant d’eux, entouré de beaucoup de monde, leur fit« un accueil respectueux et amical, et, après s’être en-« tretenu familièrement quelques heures avec eux, il« ordonna qu’on servît un grand repas. Pendant le dîner,« le roi se fit apporter un vase de jaspe, transparent« comme du verre, décoré d’or et de pierres précieuses-:« l’ayant rempli et vidé, il le passa à l’abbé, qui le prit,« quoiqu’il s’en fût excusé, disant qu’il ne buvait pas de« vin; mais au moment où Fridolin prenait la coupe, il« la laissa échapper par accident, et le vase tomba sur la« table, puis de la table à terre, où il se brisa en quatre.« Un des échansons ramassa les morceaux, et les plaça« devant le roi qui paraissait chagrin, moins à cause de« la perte du vase, que pour le mauvais effet que cet« accident pourrait avoir sur les assistants, parmi lesquels« beaucoup étaient encore païens. Toutefois il reprit son« air gai, et dit à l’abbé : « Seigneur, c’est pour l’amour« de toi que j’ai perdu ce vase; car s’il fût tombé de mes