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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE VT.

« mains, il ne se serait pas brisé. Vois donc ce que Dieu« voudra faire pour toi en faveur de son saint nom, afin« que ceux d’entre nous qui sont encore adonnés à l’ido-« latrie ne diffèrent plus de croire au Dieu tout-puis-« sant. » Alors Fridolin prit les quatre morceaux du« vase, les réunit, et les tenant serrés dans ses mains, la« tête inclinée vers la table, il se mit à prier Dieu en« pleurant et en poussant de profonds soupirs. Quand sa« prière fut achevée, il rendit le vase au roi, qui le trouva« parfaitement restauré, n’y pouvant reconnaître aucune« trace de brisure. Ce miracle ravit les chrétiens, mais« plus encore les infidèles qui se trouvaient là en grand« nombre. Au même moment, le roi et tout le monde se« levant de table et rendant grâces à Dieu, tous ceux des« assistants qui partageaient encore les erreurs du paga-ie nisme confessèrent leur foi en la sainte Trinité, et re-« çurent de la main de l’évêque les eaux du baptême '. »« Après la mort du roi Chlodowig, son fils Chlother« s’étant établi dans la ville de Soissons, il arriva qu’unq certain Frank, nommé Hozin, l’invita à un banquet,« conviant aussi parmi les courtisans de sa suite le véné-« rable Yédaste (saint Waast), évêque d’Arras. Le saint« homme accepta cette invitation dans le seul but de« donner quelque enseignement salutaire à la foule des« conviés et de profiter de l’autorité du roi pour les atti-« rer au saint baptême. Étant donc entré dans la maison,« il aperçut un grand nombre de tonneaux rangés par« ordre, tous remplis de bière. Ayant demandé ce que

* Qualis laus a cunctis hoc videntibus, non solum a Christianis, sedctiam abipsis Paganis (quorum magna cohors inibi aderat) Deo persol-veretur, non est neeesse loquendum. ( Vit a S. Fridolini, apud Script, rer.pallie, et francic., t. III, p. 388.)