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LETTRE VII.
de païens parmi les Franks des bords du Rhin '. Unautre fils de sénateur, nommé Fidolus, n'alla pas plusloin que la ville de Troyes 1 2 . Là, un saint abbé, nomifléAventin, averti, disent les légendaires, par une révélationd’en haut, et probablement touché de la figure et de larésignation du jeune esclave, paya aux Barbares tout cequ’ils demandaient pour sa rançon et le prit dans soncouvent. Ayant ainsi embrassé la vie monastique, Fido-lus s’y distingua tellement qu’il fut mis au nombre dessaints 3 . Ce sont des Vies de Saints qui ont fourni la plu-part des détails qui précèdent. Les hommes qui les com-posèrent , il y a treize siècles, afin d’exalter les vertusreligieuses, n’eussent pas travaillé pour un autre intérêt;et il se trouve qu’aujourd’hui leurs pieuses légendes sontles seuls documents capables de constater, aux yeux dela science, l’état du monde romain, tourmenté et désolépar ses conquérants.
1 L’Église le vénère sous le nom de saint Gai. — fila S. Galti, Episc.,
auct. Greg. Turon., apud Script, rer. pallie, el francic., t. 111, p. 409.
3 Le titre de sénateur , d’abord réservé exclusivement à ceux des Gauloisqui avaient entrée au sénat de Rome, était devenu, dans l’usage, un titrecommun de noblesse. Les premiers de chaque ville, les chefs des grandesfamilles, surtout depuis la chute de l’empire, prenaient et recevaient lenom de sénateur. Le mot archonte a subi en Grèce des vicissitudes analo-gues : a f/'jvxas, en grec moderne, signifie un noble, un grand propriétaire.
* Vitu S. Fidoli (saint Fal), apud ibid., p. 407.