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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE IX.

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indirect de la volonté publique, est une création lente dutemps et des circonstances. Il a fallu que.le moyen âgepassât tout entier, pour qu’elle naquît de la fusion demœurs hétérogènes, de la réunion de souverainetés dis-tinctes , de la formation d’un grand peuple ayant dessouvenirs communs, un même nom, une même patrie.Si l’on veut assigner une époque fixe à l’établissement dela monarchie française, ce qui est fort difficile et peunécessaire, car les classifications factices faussent l’his-toire plutôt qu’elles ne l’éclairent, il faut reporter cetteépoque, non en avant, mais en arrière de la grande féo-dalité. La royauté regardée comme un droit personnel etnon comme une fonction publique, le roi propriétairepar-dessus tous les propriétaires, le roi tenant de Dieuseul, ces maximes fondamentales de notre anciennemonarchie dérivent toutes de l’ordre de choses qui mode-lait la condition de chaque homme sur celle de sondomaine, et sanctionnait l’asservissement de tous lesdomaines hors un seul. Une preuve que la royauté fran-çaise, au xiv* siècle, se croyait fille de ce système dehiérarchie territoriale, c’est que l’article de la successionaux biens ruraux, dans la vieille loi des Franks saliens,fut invoqué alors comme une autorité capable de viderles querelles de succession. De là vint le préjugé vulgaireque la loi salique avait exclu à perpétuité les femmes del’exercice du pouvoir royal. La loi des Franks excluait,il est vrai, les femmes de la succession au domaine pater-nel 1 ; mais cette loi n’assimilait aucune magistrature à la

‘ De terra vero Salica, in mulierem nulla portio hereditatis transit; sedhoc virilis sexus acquirit, hoc est, fllii ipsa hereditate succedunt. (LexSalica, Ut. lxii, apud Script, rer. gallie. et francic., t. IV, p. 156.) La loi desFranks Ripewares (Ripuarii), en beaucoup d’autres points conforme à

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