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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE IX.

propriété d’une terre, elle ne traitait en aucun article dela succession aux magistratures.

Ainsi, au moyen de la féodalité qu’ils trouvèrent établied’un bout à l’autre de la Gaule, les rois de la troisièmerace, enveloppant, comme dans un vaste réseau, leursacquisitions territoriales, se garantirent de ces démem-brements qui avaient ruiné autrefois l’œuvre de la forcebrutale dans les conquêtes de Chlodowig, et l’œuvre dela puissance éclairée dans celle de Karl le Grand. Ceprince, qui ne gagne rien à échanger son vrai nom ger-manique contre le nom bizarre que nous lui donnons,d’après les romans du moyen âge, croyait avoir assuré ladurée de son empire à force de soins et d’habileté admi-nistrative ; mais cet empire, tout régulier qu’il paraissait,n’était que la domination militaire d’une race d’hommessur d’autres races, étrangères d’origine, de mœurs et delangage. La ruine de l’édifice suivit de près la mort dufondateur. Alors tous les pays réunis de force à l’empiredes Franks, et sur lesquels, par suite de cette réunion,s’était étendu le nom de France, firent des efforts inouïspour reconquérir l’indépendance politique et jusqu’àleurs anciens noms. De toutes les provinces gauloises, iln’y eut que celles du midi qui réussirent dans cettegrande entreprise; et, après les guerres d’insurrectionqui, sous les fils de Charlemagne, succédèrent aux guerresde conquête, on vit l’Aquitaine et la Provence devenirdes États distincts; on vit même reparaître, dans lesprovinces du sud-est, le vieux nom de Gaule, qui avaitpéri pour jamais au nord de la Loire. Les chefs du nou-veau royaume d’Arles, qui s’étendait jusqu’au Jura et

celle des Franks Saliens, remplace les mots de terra salica par ceux deIm éditas ariatka.