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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE X.

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vices. Il n’y avait trêve pour eux à cette passion d’amasseret de jouir, que dans les jours de maladie et aux appro-ches de la mort. Alors les terreurs de la religion chré-tienne se présentaient à leur esprit, redoublées par unsouvenir confus des anciennes superstitions de leurs pères.Afin d’apaiser Dieu, ils le traitaient comme ils avaientvoulu être traités eux-mêmes, et donnaient aux églisesleur vaisselle d’or, leurs tuniques de pourpre, leurs che-vaux, les terres de leur fisc. Enfin, avant d’expirer, ilsdivisaient paternellement entre tous leurs fils Val-odqu’ils avaient reçu de leurs ancêtres, et tout ce qu’ils yavaient ajouté 1 . Ces fils vivaient et mouraient commeeux; et à chaque génération se renouvelait une sem-blable distribution de meubles, de champs et de villes,sans qu’il y eût là-dessous autre chose que le soin du pèrede famille occupé à concilier d’avance les intérêts et lesprétentions de ses fils.

Soit qu’on désapprouve ou non les partages que lesrois franks, avant de mourir, faisaient entre leurs enfants,c’est donc à tort qu’on les regarde comme de véritablesdémembrements du corps social et de la puissance pu-blique. Il est impossible de saisir en Gaule, aux vi e , vn e etvm e siècles, rien de ce que nous entendons par ces motsd’pne langue toute moderne. Les partages de ce qu’onappelle la monarchie n’avaient point, dans le principe, lecaractère d’actes politiques ; ce caractère ne s’y est intro-duit qu’à la longue et indirectement. Comme les terresdu domaine royal, distribuées sur toute la surface dupays conquis, se trouvaient en plus grand nombre dansles lieux où les tribus frankes s’étaient établies de préfé-

1 Tarn de alode parentum quam de comparato... 'Formalæ veleres,apud Script, rer. gallic. et francic., passim.)