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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE X.

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« passion pour son frère Haribert, et suivant l’avis des« sages, il transigea avec lui, et lui céda, pour y vivre« dans une condition privée, le pays situé au delà de la« Loire jusqu’aux monts Pyrénées, comprenant les can-« tons de Toulouse, de Cahors, d’Agen, de Saintes et de« Périgueux. Il confirma cette cession par un traité, sous« la condition que jamais Haribert ne lui redemanderait« rien du royaume de leur père. Haribert donc, choisis-« sant Toulouse pour résidence, régna dans la province« d’Aquitaine... »

Parmi les nombreux partages du territoire gaulois,opérés dans tous les sens sous la dynastie des Mérowings',il n’y en a pas un qui dure ou se reproduise d’une ma-nière fixe, excepté celui du pays au nord de la Loire enOster et Neoster, ou Oster-rike et Neoster-rike. Cettedivision est aussi la seule qui, pendant cette période,offre le caractère d’une séparation politique, et paraissevéritablement créer deux États distincts. Mais ce fait neprovient point de ce que, à tort ou à raison, les premiersrois des Franks auraient eu la fantaisie de couper leroyaume en deux; il tient à des causes bien supérieures.Les simples dénominations de pays oriental et occidental,qui semblent ne marquer que des différences de positionsgéographiques, répondaient, pour les hommes de racefranke, à des distinctions plus profondes. Le pays à l’estde la forêt des Ardennes et du cours de l’Escaut, for-mant la région orientale, était, sinon habité entièrement,du moins dominé par une tribu distincte de celle quidominait à l’ouest et au sud, depuis la forêt des Ardennesjusqu’aux frontières des Bretons. Quoique membres de

1 Enfants de Merowig. Selon la rigueur du langage, il aurait fallu pro-noncer Merowigings, mais l’on contractait ce mot par euphonie.