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LETTRE XII.
midable que la France eût encore subie. Toutefois, il sepassa bien des années avant que les adversaires de ladynastie franke vinssent à bout de la renverser complète-ment, et de rompre le dernier fil qui rattachait le nordde la Gaule à la Germanie. A la mort de Louis d’Outre-Mer, en l’année 954,’ son fils Lother lui succéda sansopposition apparente. Deux ans après le comte Huguesmourut, laissant trois fils, dont l’aîné, qui portait lemême nom que lui, hérita du comté de Paris, qu’onappelait aussi duché de France. Son père, avant de mou-rir, l’avait recommandé à Hikhard ou Richard, duc deNormandie, comme au défenseur naturel de sa familleet de son parti 1 . Ce parti sembla sommeiller jusqu’enl’année 980. Durant ce long intervalle de temps, non-seulement il n’y eut point de guerre civile, mais le roiLother, s’abandonnant à l’impulsion de l’esprit national,rompit avec les puissances germaniques et tenta de recu-ler jusqu’au Rhin la frontière de son royaume. Il entra àl’improviste sur les terres de l’empire, et séjourna envainqueur dans le palais d’Aix-la-Chapelle. Mais cetteexpédition aventureuse, qui flattait la vanité française,ne servit qu’à amener les Germains, au nombre de soixantemille, Allemands, Lorrains, Flamands et Saxons, jusquesur les hauteurs de Montmartre, où cette grande arméechanta en chœur un des versets du Te Deum 2 . L’empe-reur Othon, qui la conduisait, fut plus heureux, comme
1 ...Richardo Duci filium suum nomine Hugonem commendare stu-duit, ut ejus patrocinio tutus, inimicorum fraudibus non caperetur.(Willelm. Gemet. Ilist., apud Script, rer. gallic. et francic., t. VIII, p. 267.)
* Accitis quampluribus Clericis, Alléluia, Te Martyrum, in loco qui diciturMons-Martyrum, in tantum elatis vocibus decantari præcepit, ut atto-nitis auribus ipse Hugo et omnis Parisiorum plebs miraretur. (BaldericiChron., ibid., p. 283.)