LETTRE XII.
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il arrive souvent, dans l'invasion que dans la retraite,battu par les Français au passage de l'Aisne, ce ne futqu'au moyen d'une trêve avec le roi Lother qu'il putregagner sa frontière. Ce traité, conclu, à ce que disentles chroniques, contre le gré de l’armée française, ranimala querelle des deux partis, ou plutôt fournit un nouveauprétexte à des ressentiments qui n’avaient point cesséd’exister 1 . ,
Menacé, comme son père et son aïeul, par les adver-saires implacables de la race des Karolings, Lothertourna les yeux du côté du Rhin pour obtenir un appuien cas de détresse. Il fit remise à la cour impériale de sesconquêtes en Lorraine et de toutes les prétentions de laFrance sur une partie de ce royaume. « Cette chose con-« trista grandement, dit un auteur contemporain, le cœur« des seigneurs de France 2 . » Néanmoins ils ne firent pointéclater leur mécontentement d’une manière hostile. In-struits par le mauvais succès des tentatives faites depuisprès de cent ans, ils ne voulaient plus rien entreprendrecontre la dynastie régnante, à moins d’être sûrs de réus-sir. Le roi Lother, plus habile et plus actif que ses deuxprédécesseurs, si l’on en juge par sa conduite, se ren-dait un compte exact des difficultés de sa position, et nenégligeait aucun moyen de les vaincre. En 983, pro-fitant de la mort d’Othon II et de la minorité de sonfils, il rompit subitement la paix qu’il avait conclue avec
• ...Pacificatus est Lotharius Rex cum Ottone Rege Remis civitalecontra voluntatem Iïugonis et Hainrici fratris sui, contraque voluntatemexercitus sui. (Iïugonis Floriac. Chron., apud Script, rer. gallr et francic.,t. VIII, p. 324.)
* Dédit autem Lotharius Rex Oltoni Régi in beneficio Lotbariumregnum : quæ causa magis contristavit corda Principum Francorutu(Ibid.)