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LETTRE XII.
l’empire, et envahit de rechef la Lorraine ; agression quidevait lui rendre un peu de popularité. Mais le sentimentinstinctif-de l’indépendance nationale, profondémentenraciné dans le cœur desGallo-Franks, ne pouvait faireune longue trêve avec cette famille condamnée d’avance, 'et dont la ruine était inévitable. Jusqu’à la fin du règne ‘de Lother, aucune rébellion déclarée ne s’éleva contrelui. Mais chaque jour son pouvoir allait en décroissant;l’autorité, qui se retirait de lui, pour ainsi dire, passatout entière aux mains du fils de Hugues le Grand, Hu-gues, comte de l’Ile-de-France et de l’Anjou, qu’onsurnommait Capet , ou Chapet , dans la langue françaisedu temps. « Lother n’est roi que de nom, écrivait dans« une de ses lettres l’un des personnages les plus distin-ct gués .du x e siècle, Hugues n’en porte pas le titre; mais« il l’est en fait et en œuvres 1 . »
Sans doute, dans les événements qui suivirent, en 987,la mort prématurée de Lodewig, fils de Lother, il fautfaire une grande part à l’ambition personnelle et au carac-tère du fondateur delà troisième dynastie. Dans ses pro-jets contre la postérité de Karl le Grand, Hugues Capetsongeait plutôt à lui-même et à sa famille qu’à l’intérêtdu pays, dont l’indépendance exigeait, pour dernièregarantie, l’expulsion de la race de Karl. Néanmoins onpeut affirmer que cette ambition de régner, héréditairedepuis un siècle dans la famille de Robert le Fort, futentretenue et servie par le mouvement de l’opinion natio-nale. Les expressions mêmes des chroniques, toutessèches qu’elles sont à cette époque de notre histoire,
1 Lotharius Rex Franciæ praêlatus estsolo nomme, Hugo vero non no-mine, sed actu et opéré. (Gerberti Epist,, apud Script . rer, qallie, cl francic.,t. X, p. 187.)