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LETTRE XII.
«'auguste, pleinement roi par la soumission volontaire« tant des Aquitains que des Gascons 1 . »
Pour répondre à ces jactances, les Gascons et les Aqui-tains inscrivaient en tête de leurs actes publics la for-mule : « Sous le règne du Christ, en attendant un roi 2 . »Ils qualifiaient d'usurpateurs tous ceux qui obtenaient laroyauté au mépris du droit héréditaire ; puis, à chaquenouvelle restauration, ils n’en traitaient pas moins ensouverain étranger l’héritier de Karl le Grand. Dans lapremière année de son règne, Hugues Capet renouvela,mais sans aucun succès, les hostilités en Poitou. Forcépar Guilhem, duc d’Aquitaine, de battre en retraite jus-qu’à la Loire, il livra, sur les bords de ce fleuve, unegrande bataille qui ne servit qu’à faire éclater la haineviolente des deux populations l’une contre l’autre 3 . Non-seulement les chefs des petits États méridionaux conser-vèrent leur indépendance, mais ils firent des conquêtesvers le nord. Aldebert, comte de Périgueux, assiégea etprit Tours vers l’an 990. Inquiet de ce progrès, et n’osantcependant l’attaquer à main armée, Hugues Capet luiadressa dans un message, cette question : « Qui t’a fait« comte? » — «Qui t’a fait roi?» furent les seuls motsque répondit le comte Aldebert. Cette réponse, sujet destupeur pour les historiens du xvn e siècle, et plus tardcommentée dans un sens républicain, ne contenait aucuneallusion à la royauté élective; elle signifiait simplement
1 Quum autem ad plénum regnemus, et tam Gothi, quam Aquitaninostro subjaceant sponte principatui... (Rodulfi Regis Diplomala, apudScript, rer. gallic. et francic., t. IX, p. 580.)
2 Christo régnante, rege expectante.
3 ...In gravi prælio decertantes Francorum et Aquitanorum animosi-tates, mullo sanguine alterna cæde fuso, superiores Franci exstiterunt ;et sic reversi sunt. (Ademari Cabanensis Chron., apud Script, rer. gallic. etfrancic., t. X, p. 143.)