LETTRE XIII.
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que le protocole, la signature et le grand sceau ; évidem-ment les dispositions législatives sont l’œuvre de la com-mune elle-même. Pour s’en convaincre, il suffit d’exa-miner et de comparer entre eux ces actes, dont onraisonne beaucoup trop sur la foi d’autrui.
Quoique les communes du moyen âge aient eu pourprincipe la municipalité des derniers temps de l’empireromain, autant cette dernière institution était dépen-dante, autant l’autre, dès son origine, se montra libre eténergique. L’enthousiasme républicain des vieux tempsse communiquait de proche en proche, et produisait desrévolutions partout où il se trouvait une population asseznombreuse pour oser entrer en lutte avec la puissanceféodale. Les habitants des villes que ce mouvement poli-tique avait gagnées se réunissaient dans la grande égliseou sur la place du marché, et là ils prêtaient, sur leschoses saintes, le serment de se soutenir les uns les au-tres , de ne point permettre que qui que ce fût fit tort àl’un d’entre eux ou le traitât désormais en serf. C’était ceserment ou cette conjuration, comme s’expriment lesanciens documents, qui donnait naissance à la commune.Tous ceux qui s’étaient liés de cette manière prenaientdès lors le nom de communiera ou de jurés, et, poureux, ces titres nouveaux comprenaient les idées de de-voir, de fidélité et de dévouement réciproques, expri-mées, dans l’antiquité, par le mot de citoyen '.
Pour garantie de leur association, les membres de lacommune constituaient, d’abord tumultuairement, etensuite d’une manière régulière, un gouvernement électif
1 Statutum est itaque et sub religione conflrmatum quod unusquisquejurato suo fidem, vim, auxiliumque praebebit. (Charte de commune,dans le Recueil des Ordonnances des rois de France, passim.)