LETTRE XIII.
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sinon plus énergiques, du moins plus complètement heu-reuses. C'est là seulement que les cités affranchies attei-gnirent à la plénitude de cette existence républicaine,qui était en quelque sorte l’idéal auquel aspiraient toutesles communes. Dans le nord, la lutte fut plus longue etle succès moins décisif. Une circonstance défavorablepour les villes de cette dernière contrée, c’était la doubledépendance où elles se trouvaient sous le pouvoir de leursseigneurs immédiats et la suzeraineté du roi de Franceou de l’empereur d’Allemagne. Au milieu de leur luttecontre la première de ces puissances, la seconde interve-nait pour son profit, et souvent rétablissait le combat lors-que tout semblait décidé. Ce rôle d’intervention est le seulqu’aient réellement joué les rois de France dans les évé-nements qui signalèrent la naissance des premières com-munes dans leur petit royaume : et ce qui les détermi-nait à se déclarer pour ou contre les villes, il faut le dire,c’était l’argent que leur offrait l’une ou l’autre des deuxparties 1 . Neutres entre le seigneur et la commune, leurappui était au plus offrant, avec cette différence qu’ils nedonnaient guère aux villes que des garanties verbales oude simples promesses de secours, et que, lorsqu’ils étaientcontre elles, ils agissaient effectivement.
On pourrait croire, d’après quelques mots des histo-riens du xu e siècle, que Louis VII, dit le Jeune, envi-sageait la révolution communale sous un point de vuemoins matériel. Il cherchait à établir en principe quetoute ville de commune relevait immédiatement de la
• ...Kegius, utdixi, appetitus ad potiora promissa deflectitur... omniasacramenlasua,... sineulla honestalis... respectione, cassantur. (Guibert.abbat. de Novigent. De Vita sua , apud Script, rer. pallie, et francic., t. XII,p. 252 ) Voyez ci-après l’Histoire de la commune de Laon, Lettre XY1, p. 232.