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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XIII.

courronne; mais, malgré l’intérêt qu’il s’était ainsi crééà l’établissement de nouvelles communes, dans les lieuxqui n’étaient pas de son domaine, sa politique, à l’égarddes bourgeois affranchis par insurrections, ne fut pastoujours impartiale. Soit par des raisons qu’il n’est pluspossible d’apprécier, soit par des scrupules religieux, ilannula des chartes qu’il avait signées, et détruisit parforce des communes qui avaient acheté son appui. Lors-que le chagrin d’être privés d’une liberté chèrementacquise poussait les bourgeois à de nouvelles révoltes, illes châtiait d’une manière dure et quelquefois cruelle '.Voici un passage qui le concerne, et que fort mal à pro-pos, à mon avis, ,1’on a quelquefois cité comme preuvede l’initiative royale dans l’affranchissement des com-munes :

« Gui, comte d’Auxerre (en 1167), voulut, avec fas-« sentiment du roi, instituer de nouveau une commune,« mais l’évêque s’opposa hardiment à son projet et entre-« prit d’aller plaider sur ce point devant la cour du roi,« non sans péril et sans de grandes dépenses d’argent. Il« encourut presque la malveillance du très-pieux roi« Louis, qui lui reprochait de vouloir enlever la ville« d’Auxerre à lui et à ses héritiers; car il regardait comme« lui appartenant toutes les villes où il y avait des corn-et munes. Enfin, après que la cause eut été longtemps« débattue, inspection faite des chartes et privilèges de« l’église d’Auxerre, et le roi, ainsi que les gens de sa« cour, s’étant radouci au moyen d’une bonne somme« d’argent, l’évêque gagna son procès. Il obtint une« ordonnance royale portant que, sans son aveu et sans

' Voyez ci-après les détails relatifs aux communes de Sens et deVézelay.