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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XIII.

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« sa permission, il ne serait en aucune façon loisible au« comte, ni à qui que ce fût, d'établir une commune dans« la ville 1 . »

Si les intentions des rois de France avaient été, aussipleinement qu'on le croit, favorables à l’érection descommunes, c'est dans les villes de la couronne qu'on lesaurait vues se manifester de la manière la plus éclatante.Eh bien ! pas une de ces villes, les plus florissantes duroyaume, n'obtint un affranchissement aussi complet quecelui des villes seigneuriales : c’est que tout projet d’in-surrection y était aussitôt déjoué par une puissance debeaucoup supérieure à celle des plus grands seigneurs.Paris n’eut jamais de commune, mais seulement descorps de métiers et une justice bourgeoise sans attri-bution politique. Orléans entreprit, sous Louis le Jeune,de s'ériger en commune; mais une exécution militaire etdes supplices châtièrent, disent les chroniques de Saint-Denis , « la forsennerie de ces musards qui, pour raison« de la commune, faisaient mine de se rebeller et dresser« contre la couronne 2 . »

En refusant à nos rois l'initiative dans la révolutioncommunale, une justice qu’on doit leur rendre, c'estd’avouer qu’ils ne détruisirent point les communes dansles villes seigneuriales qu'ils ajoutèrent successivement àleur domaine, surtout avant le xiv e siècle : ils sentaientqu’il est plus difficile d'anéantir une liberté depuis long-temps acquise que de l'étouffer à son berceau. La recon-naissance du gouvernement républicain des villes duLanguedoc, dans les premiers temps qui suivirent la con-

1 Hist. Episcop. Autissiodor. , apud Script, rer. gallic. et francic ., t. XII,p. 304.

2 Chroniques de Saint-Denis; apud ibid.p. 196.