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LETTRE XIII.
quête de ce pays, était de nécessité indispensable pour lemaintien de cette conquête. Il en fut de même pour lesgrandes communes de Normandie, d’Anjou, de Bre-tagne, de Guienne et de Provence. La raison d’État fitrespecter en elles des privilèges qu’il eût été dangereuxd’attaquer violemment, mais qui furent minés à la longueet pour ainsi dire démolis pièce à pièce. Quant aux villesfrançaises du second et du troisième ordre, les rois mon-trèrent à leur égard une assez grande libéralité, et, pourun peu d’argent, ils leur octroyèrent le droit de com-mune, parce qu’ils ne craignaient pas qu’elles s’en pré-valussent pour devenir indépendantes. Alors, commeaujourd’hui, c’était peu de chose qu’un droit de liberténominal, sans puissance pour le faire valoir. Aussi lesmêmes rois accordaient-ils souvent à des bourgades insi-gnifiantes un titre et des institutions qu’ils avaient refusésaux plus grandes villes.
L’état de Commune, dans tout son développement, nes’obtint guère qu’à force ouverte et en obligeant la puis-sance établie à capituler malgré elle. Mais quand, parsuite de l’insurrection et des traités qui la légitimèrent, lemouvement de la bourgeoisie vers son affranchissementfut devenu l’impulsion sociale, et, pour me servir d’uneexpression toute moderne, une des nécessités de l’époque,les- puissances du temps s’y prêtèrent avec une bonnegrâce apparente, toutes les fois qu’elles y entrevirentquelque profit matériel sans aucun péril imminent. De làvint l’énorme quantité de chartes seigneuriales et royalesoctroyées durant le xm e siècle. Il n’y eut d’opposition sys-tématique à cette révolution, continuée d’une manièrepaisible, que de la part du haut clergé, partout où cecorps possédait l’autorité temporelle et la seigneurie féo-