228 LETTRE XV.
a faction, ils se feront justice eux-mêmes sur ses biens« et sur ses hommes.
« Si quelque marchand étranger vient à Beauvais pour« le marché, et que quelqu'un lui fasse tort ou injure« dans les limites de la banlieue ; si plainte en est faite« aux pairs, et que le marchand puisse trouver son mal-« faiteur dans la ville, les pairs en feront justice, à moins« que le marchand ne soit un des ennemis de la commune.
« Nul homme de la commune ne devra confier ou prê-« ter son argent aux ennemis de la commune tant qu'il y« aura guerre avec eux, car s’il le fait il sera parjure; et« si quelqu'un est convaincu de leur avoir prêté ou con-« fié quoi que ce soit, justice sera faite de lui, selon que« les pairs en décideront.
« S’il arrive que le corps de la commune marche hors« de la ville contre ses ennemis, nul ne parlementera« avec eux, si ce n'est avec licence des pairs.
« Si quelqu'un de la commune a confié son argent à« quelqu'un de la ville, et que celui auquel l’argent aura« été confié se réfugie dans quelque château-fort, le sei-« gneur du château, en ayant reçu plainte, ou rendra« l’argent ou chassera le débiteur de son château; et s’il« ne fait ni l’une ni l'autre de ces choses, justice sera« faite sur les hommes de ce château à la discrétion des« pairs 1 . »
CHARTE DE "SAINT-QUENTIN.
« Les hommes de cette commune demeureront entiè-« renient libres de leurs personnes et de leurs biens; ni
1 Charte de confirmation de la commune de Beauvais donnée parLouis le jeune en nu. ( Mémolrts de Beauvais et de Beauvaisis, par AntoineL’Oisel, Paris, 1617 ; titres justificatifs, p. 271.)— J’ai réduit cette charte àquelques articles dont j’intervertis l’ordre, afin d’y mettre plus de suite.