LETTRE XVI.
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se gouverner par des autorités de son choix. Séduits parl’appât du gain, les clercs et les chevaliers promirentd’accorder tout , pourvu qu’on donnât de bonnes sûretéset de bons gages pour le paiement '. Il paraît qu’ils nese rendaient pas un compte bien exact de l’étendue desconcessions demandées, et ne voyaient dans cette tran-saction qu’un moyen expéditif de se procurer beaucoupd’argent : car, dit un contemporain, s’ils s’accordèrentavec les gens du peuple sur le fait de la commune, cefut dans l’espoir de s’enrichir d’une manière prompte etfacile 1 2 .
La commune établie à Laon, du consentement et parle serment commun des clercs, des chevaliers et desbourgeois, fut réglée, pour l’organisation des pouvoirsmunicipaux, en partie sur le modèle de Noyon, en partiesur celui de Saint-Quentin 3 . L’administration de la jus-tice et de la police publique était confiée à un majeurou maire, et à des jurés électifs dont le nombre étaitde douze au moins. Ils avaient le droit de convoquerles habitants au son de la cloche, soit pour tenir conseil,soit pour la défense de la ville. Ils devaient juger les dé-lits commis dans la cité et la banlieue, faire exécuter lesjugements en leur nom, et sceller leurs actes d’un sceaumunicipal différent de celui de l’évêque. Il était enjointà tout habitant domicilié dans les limites du territoireappartenant à la commune de prêter serment d’obéis-sance à la loi ou charte de cette commune, dont voiciquelques articles :
1 ...Si pretia digna impenderent... Guiberti de Novigento, de Vita sua ,lib. iii, apud ejusdem Opéra omnia, ed. Luc d’Achery, p. 503.
2 (Ibid.)
3 ...Communionisillius... jura...eo quod, apud Noviomagenseni urbeir,et Sau-Quintinense oppidum ordine scripta extiterant. (Ibid., p. 504.)