*
'
LETTRE XVII
Suite de l’histoiie de la commune de Laon.
, t
Lorsque les bourgeois de Laon eurent pleinement satis-fait leur colère et leur vengeance, ils réfléchirent sur cequi venait de se passer, et, regardant autour d’eux, ilséprouvèrent un sentiment de terreur et de décourage-ment 1 . Tout entiers à l’idée du péril qui les menaçait,craignant de voir bientôt l’armée du roi campée au piedde leurs murailles, ils étaient incapables de s’occuperd’autre chose que de leur sûreté commune. Dans lesconseils tumultueux qui furent tenus pour délibérer surcet objet, un avis prévalut sur tous les autres; c’étaitcelui de faire alliance avec le seigneur de Marie qui,moyennant une somme d’argent, pourrait mettre au ser-vice de la ville bon nombre de chevaliers et d’archersexpérimentés 2 3 .
Thomas de Marie, fils d’Enguerrand de Coucy, était leseigneur le plus redouté de la contrée, non - seulementpar sa grande puissance, mais encore par son caractèreviolent jusqu’à la férocité. Le nom de son château deCrécy figurait dans une foule de récits populaires, oùl’on parlait de marchands et de pèlerins mis aux fers,
1 Perpensa igitur... cives perpetrati quantitate facinoris, magno exta-buere metu,regiumpertimescentes judiciuni... (Guiberti de Novigento,rf«
Viia sua.lib. m, apud ejusdem Opéra omnia , ed. L. d’Achery, p. 509, cap. xi.)
3 Thomam Codiciacensis, filium, cui erat castellum Marna, præsidiumad sui contra regios impetus defensionem accercire disponunt. (Ibid.)