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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XIX.

possédée par un homme d’une vertu exemplaire , d’unesprit aussi éclairé que le comportait son siècle, et pleinde zèle pour le bien général. Sans se laisser épouvanterpar les terribles scènes qui venaient d’avoir lieu à Laon,l’évêque Geoffroi comprit ce qu’avait de légitime le désird’indépendance et de garanties pour les personnes et pourles biens. Il céda sans efforts et gratuitement aux requêtesdes bourgeois, et concourut avec eux à l’érection d’ungouvernement municipal'. Ce gouvernement, composéde vingt-quatre échevins sous la présidence d’un Mayeur,fut installé sans aucun trouble au milieu de la joie popu-laire ; et la nouvelle commune promulgua ses lois dansla forme suivante :

« Chacun gardera fidélité à son juré et lui prêtera« secours et conseil en tout ce qui est juste.

« Si quelqu’un viole sciemment les constitutions de la« commune et qu’il en soit convaincu, la commune, si« elle le peut, démolira sa maison et elle ne lui permettra« point d’habiter dans ses limites jusqu’à ce qu’il ait« donné satisfaction.

« Quiconque aura sciemment reçu dans sa maison un« ennemi de la commune et aura communiqué avec lui,« soit en vendant et achetant, soit en buvant et mangeant,« soit en lui prêtant un secours quelconque, ou lui aura« donné aide et conseil contre la commune, sera coupable« de lèse-commune, et, à moins qu’il ne donne prompte-« ment satisfaction en justice, la commune, si elle le peut,« démolira sa maison.

* ... Cui Episcopus nulla vi exaclus debuisset præstare favorem, præserlim quum et nemo eum urgeret, et Coepiscopi sui eum miserabileexitium et infaustorum civium confligiumnon lateret. (Guiberti de Novig.de Vila sua, lib. m, apud ejusdem, Opéra omnia, ed. L. d’Achery, p. 515 )