LETTRE XIX.
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« au temps qu’ils * étaient gouvernés en 1 commune ,« excepté que dorénavant maire ni jurés n’y seront mis« ni établis 1 . »
Ce passage de l’état de commune à un régime analogueen beaucoup' de points à l’administration actuelle desvilles' de France 2 n’eut pas lieu sans regret du passé,sans que les bourgeois de Soissons jetassent un regarden arrière sur le temps où ils avaient une existence pareux-mêmes, une bannière, un trésor, un sceau, un bef-froi, une juridiction, des élections 1 et des assembléespubliques 1 . Déchargés du poids de leur dette, ils ne sen-tirent plus que l’humiliation d’avoir perdu leurs vieilleslois et leurs ilibertés héréditaires. Aussi, moins de dixans après leur abdication entre les mains de Charles leBelj ils (entamèrent avec son successeur, Philippe deValois, de nouvelles négociations pour obtenir qu’on leurrendît tout ce qu’ils avaient aliéné. Leurs députés remon-trèrent « que, n’y ayant point de corps de ville à Sois-« sons, personne n’y prenait soin des affaires publiques, et« que, toutes choses étant négligées, on devait s’attendre« à une perte totale des édifices et du revenu; que d’ail-« leurs il était pitoyable qu’une si noble et antique cité« fût non-seulement inférieure aux autres en droits et en« privilèges, mais encore privée de tout ce qu’elle avait« conservé de son ancien état 3 . » Le roi écouta cesdoléances, mais ne consentit point au rétablissement dela commune telle qu’elle avait été fondée au xn e siècle,dans l’âge d’or des libertés bourgeoises. Il-maintint dansla ville de Soissons le gouvernement en son nom et l’of-
1 Recueil des Ordonnances des rois de France, t. XI, p. 500 et 301.*,
* Écrit en 1828.
* Histoire de la ville de Soissons, par Dorraay, 1664, t. II, p. 316.
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