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LETTRE XIX.
fice de prévôt royal; seulement il permit aux bourgeoisd’élire chaque année quatre personnes qui, sous le titred’échevins, assisteraient le prévôt dans sa justice et pren-draient soin des affaires municipales 1 .
La commune d’Amiens eut de plus longs jours; elle neperdit que lentement et une à une ses anciennes préro-gatives. Suspendue par ordonnance de Philippe IV, ellefut rétablie par le même roi en l’année 1307, et, selontoute probabilité, ce fut sa grande richesse qui la sauva.Dès lors, elle parcourut en paix le cercle entier de ladestinée des vieilles constitutions municipales. L’électiondu mayeur et des vingt-quatre échevins subsista jusqu’enl’année 4597, où un édit du roi Henri IV réduisit à la foisle nombre et les privilèges de ces magistrats populaires.Les anciens droits des comtes, dont la commune avaithérité, lui furent enlevés avec la plus grande partie deses revenus; et la juridiction de l’échevinage fut bornéeau petit criminel , aux disputes entre bourgeois, aux pro-cès concernant la police des rues, les métiers, le servicedu guet et le logement des gens de guerre 2 .
Toutefois, dans les cérémonies publiques, les insignesde la haute justice, du droit de vie et de mort continuè-rent d’accompagner, comme dans l’ancien temps, lemaire et les échevins d’Amiens. Ces attributs d’une puis-sance qui n’était plus consistaient en deux glaives d’uneforme antique, portés à la main par deux officiers deville, qu’on désignait, à cause de leur emploi, par leterme provincial d ’espadrons 3 . Une coutume semblablerégnait dans presque toutes les grandes communes. Ün
' Histoire de la ville de Soissons, par Dormay, t. Il, p. 316.
2 Hist. de la ville d’Amiens, par le père Daire, Paris, 1757; 1.1, p. 60 et suiv.
3 Ibid.,