LETTRE XIX. 291
montre aujourd’hui à Toulouse, dans la salle gothiqueoù délibéraient les capitouls, le large sabre qui jadis fut,pour ces magistrats, l’équivalent des haches consulaires.C’est un cimeterre échancré vers la pointe, à poignéed’acier, sans garde, et d’un aspect vraiment imposant.La croyance populaire veut que cet instrument ait étéfabriqué exprès pour le supplice du maréchal de Mont-morency, en Tannée 1632; mais quiconque l’examineavec un peu d’attention reconnaît que c’est une arme deparade, incapable d’avoir jamais tranché une tête, àcause d’un cordon en saillie qui garnit et décore le dosde la lame. Ainsi les traditions s’interrompent et suc-cèdent l’une à l’autre. Une nouvelle célébrité, de nou-veaux noms s’attachent faussement aux mêmes objets;et il faut que l’historien, démêlant cette confusion, seprononce contre la voix publique et lui fasse avouerTerreur.