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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XX.

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élus par les citoyens, fut celui des archevêques. D’abordmagistrats eux-mêmes et défenseurs de la cité ', ilstransformèrent, à la longue, cet office de patronage 1 légalen une domination absolue, comme celle des seigneursféodaux. A mesure que ce changement se prononça, lajustice municipale ou Y échevinage, seule garantie descitoyens contre la puissance des archevêques, entra enlutte avec eux et avec leurs officiers de police administrative ou judiciaire. Cette longue querelle est obscure et depeu d’importance jusqu’à l’époque où le mouvementimprimé par la révolution communale se fit sentir dansle voisinage de Reims, à Noyon, à Beauvais, à Laon, àAmiens et à Soissons. L’exemple de ces villes inspira auxcitoyens de Reims de nouvelles idées politiques et un plushaut degré d’énergie. Ils résolurent de reconstituer, parun effort commun, et de rendre, à l’avenir, inattaquablesles garanties de liberté dont les débris s’étaient conservéschez eux pendant plusieurs siècles 2 .

Ce fut dans l’année 1138, dix ans après la promulgationde la charte de Laon, qu’une association politique se forma,pour la première fois, parmi la bourgeoisie de Reims.Cette association prit le nom de compagnie , alors syno-nyme de celui de commune. La vacance du siège épisco-pal, causée par la mort de l’archevêque Renaud, avaitfacilité ce mouvement, sur lequel il reste trop peu de dé-tails. Tout ce qu’apprennent les courtes notes éparses dansles anciens registres des églises, c’est que les bourgeois seconjurèrent pour établir une république. Parce mot, l’onn’entendait point désigner une tentative différente de celle

1 Voyez, sur l'office de défenseur (defensor) dans les villes romaines,■«t sur les pouvoirs municipaux attribués aux évêques, lesiEssais de31. Guizot sur VHistoire de France; premier Essai.

t Marlot, Sktropoüs Remensis Hist., éd. de 1666, t. Il, p. 327.