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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XX.

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ne pouvaient manquer de produire bientôt de nouvellesdisputes et de nouveaux troubles. La passion d’indépen-dance qui animait les habitants de la cité de Reims, c’est-à-dire'de la partie de la ville renfermée dans l’enceintedes murs, avait gagné ceux des quartiers extérieurs etde quelques paroisses rurales. Ces gens, vassaux ou serfsde corps, soit du chapitre métropolitain, soit de l’abbayede Saint-Remy, soit des autres églises, désiraient entrerdans la commune, c’est-à-dire obtenir pour eux-mêmesles franchises garanties par la charte royale. Mais le cha-pitre et les églises soutenaient que la concession du roin’avait de valeur que pour les habitants de la cité; etces derniers, pensant que leur commune gagnerait enforce si elle devenait plus nombreuse, travaillaient, detout leur pouvoir, à étendre sa juridiction hors des murs.De là naquirent beaucoup de débats et une seconde guerrecivile entre les partisans des libertés bourgeoises et ceuxde la seigneurie épiscopale.

Les chefs du partii populaire se nommaient Aubri etSimon; malheureusement les documents originaux nefournissent aucun détail sur leur compte, si ce n’estqu’ils avaient avec eux un prêtre condamné par les tri-bunaux ecclésiastiques, auquel ils firent célébrer la messe,un jour de la Toussaint , dans l’église Saint-Symphorien '.Cette messe, qui fut regardée par le clergé comme unacte de sacrilège, et à cause de laquelle’l’église fut denouveau consacrée, eut lieu, probablement, à l’ouvertured’une assemblée générale de'tous les membres de lacommune. La cloche de Saint-Symphorien servait àReims de beffroi communal ; et cette circonstance semble

* Necrolog. S. Symphoriani, apud. Script, rer. gaüic. et francic t. XVI, p. 5,in nota a.