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LETTRE XX.
prouver que le grand conseil des bourgeois tenait sesséances dans Féglise même. D’autres villes offraient, à lamême époque, l’exemple de cet usage introduit par né-cessité, faute de locaux assez vastes pour mettre à cou-vert une assemblée nombreuse. Aussi, l’un des moyensque la puissance ecclésiastique employait, pour gênerl’exercice du droit de commune, était de faire défense dese réunir dans les églises pour un autre motif que laprière, et de sonner les cloches à une autre heure quecelle des offices 1 .
Les différents corps du clergé de Reims, alarmés desprogrès rapides que l’esprit d’insurrection faisait hors desmurs de la ville, adressèrent de grandes plaintes à cetégard aux évêques suffragants du diocèse, aux légats duSaint-Siège et au roi. La commune n’avait encore qu’uneseule année d’existence; mais l’ardeur et l’opiniâtreté deses membres en rendaient la destruction impossible sansbeaucoup de violence et une grande effusion de sang.Louis YII n’essaya point de revenir sur ce qu’il avaitaccordé; mais il adressa au maire et à toute la communede Reims une lettre où il se plaignait qu’on eût excédéles bornes posées par la charte de Laon : « Prétendant,« disait-il, que le droit des églises n’est point un droit,« et que les coutumes établies en leur faveur, dès les« temps anciens, ne sont pas des coutumes, vous enva-« hissez par violence les prérogatives et les possessions« des églises. » Le roi enjoignait aux magistrats et auxbourgeois de laisser en paix toutes les églises, et spécia-lement celles de la Bienheureuse Marie et de Saint-Remi,
1 Confirmation, par Louis VI, des règlements faits pour la communede Saint-Riquier; Recueil des Ordonnances des rois de France, tome XI,
p. 184.
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