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LETTRE XX.
« est en notre main, et n’a d’antre défenseur que nous.« En outre, vous avez contraint à rançon les sergents des« chanoines qui sont sous la même liberté que leurs maî-« très; vous en avez emprisonné plusieurs, et quelques-« uns même n’osent sortir de l’église, par la peur qu’ils« ont de vous. Pour tous ces excès nous vous avons déjà« mandé, et maintenant vous mandons et ordonnons de« les laisser aller en paix, de leur restituer ce que vous« leur avez pris, et de conserver entièrement aux églises« et aux chanoines leurs justices, coutumes et fran-« chises. Adieu '. »
En l’année 1140, le siège vacant fut rempli par la con-sécration d’un nouvel archevêque, nommé Sanson deMalvoisin. Ni cet événement, ni les menaces du roi, n’ar-rêtèrent la fermentation des esprits, et, sept ans après,une insurrection éclata hors des murs de la ville, dansle quartier populeux qu’on appelait le ban de Saint-Remi. Le mot ban, qui, dans ,1a langue du moyenâge,-signifiait proclamation ou ordonnance, s’appli-quait aussi à l’étendue respective de chaque juridictionseigneuriale.
C’est dans ce sens qu’on donnait à la cité de Reimsle nom de ban de l’archevêque, tandis que le ifaubourg,sur lequel l’abbé de Saint-Remi exerçait le droit de jus-tice, se nommait ban de Saint-Remi. Ce,faubourg, réunidepuis à la ville par une même enceinte de murs, enétait séparé,'au xn e siècle, par des prairies et des jardins.Les habitants, trop peu nombreux pour espérer de for-mer une commune capable de se défendre, souhaitaient
* Altéra epist. Ludovic! VIIad Majarem et Communiant Remensem, apud Script,ter. gallic. et fraude t. XVI, p. 5.