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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XX.

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vivement de se réunir en un seul corps avec ceux du bande l’archevêque. Ils commencèrent par chasser de leurquartier les officiers et les partisans de la juridiction ab-batiale, et descendirent tumultueusement dans la cité,où tous ceux qui désiraient la réunion s’armèrent etse joignirent à leur troupe. Tous ensemble marchèrentvers le palais épiscopal, pour présenter leur requête àl’archevêque et le contraindre d’y faire droit. Sanson lesharangua d’une fenêtre, et tâcha de leur persuader derenoncer à ce qu’ils demandaient -, mais, loin de céder,ils devinrent plus audacieux, maltraitèrent les officiersde l’archevêque, pillèrent leurs meubles et démolirentleurs maisons. Obligé de se renfermer dans son palais etd’y rester comme en prison par crainte des ressenti-ments populaires, l’archevêque Sanson écrivit à Suger,abbé de Saint-Denis, alors régent du royaume à cause dudépart du roi pour la»Terre-Sainte, le priant de lui en-voyer du secours. En effet, des troupes furent dirigéessur Reims; et en même temps Joscelin, évêque de Sois-sons, accompagné de saint Bernard, partit pour êtremédiateur entre les bourgeois et l’archevêque. A l’ap-proche des troupes, l’émeute cessa, et le ban de Saint-Remi demeurai séparé de la commune, mais toujoursprêt à se soulever pour la réunion, quand un nouvelincident causait du trouble dans la ville 1 .

Durant les treize années qui s’écoulèrent entre cette ré-volte et la mort de Sanson, cet archevêque ne cessa delutter contre la commune de Reims, et de travailler,quoique sans succès, à sa ruine. Dans les petits combats

1 Anquetil, Hist. civile et politique de la ville de Reims, 175G, t. I, p. 291et suiv.