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LETTRE XX.
auxquels ces discordes donnaient lieu, soit dans les rues,soit hors des murs, les bourgeois eurent toujours l’avan-tage. Mais en l’année 1160 les événements changèrent deface. Sanson de Mal voisin eut pour successeur le proprefrère du roi, Henri de France, ci-devant évêque deBeauvais, qui avait déjà signalé dans cette ville sa hainecontre les communes. Attaquant dans leur essence mêmeles droits de celle de Beauvais, il avait voulu faire ren-trer tous les habitants sous sa juridiction absolue, etrestreindre la compétence des magistrats municipaux auseul cas de déni de justice. Pour mieux réussir dans sonentreprise et imposer silence aux bourgeois, il avait invitéson frère à se rendre dans la ville, et, durant son séjour,il avait obtenu de lui le décret suivant :
« Louis, par la grâce de Dieu, roi des Français et duc« d’Aquitaine, à tous nos fidèles à perpétuité.
« Il convient à l’excellence de notre sceptre de proté-« ger les droits de tous ceux qui sont sous notre sujétion,« et spécialement des Églises, qui deviendront la proie« de la violence des méchants si le glaive matériel et« royal ne se porte à leur secours. Sachent tous nos fidè-« les présents et à venir, que Henri, notre frère, nous a« porté plainte contre les citoyens de Beauvais, ses hom-« mes, qui, à l’occasion de leur commune, prenant une« audace nouvelle et illicite, ont usurpé les droits de« l’évêque et de l’église de Beauvais, ainsi que la justice« possédée par l’évêque sur chacun et sur tous. Pour« cette cause ledit évêque nous a fait venir à Beauvais,« et, en notre présence, la plainte ayant été débattue, et« la charte de la commune lue en public, les citoyens« ont reconnu enfin que la justice sur toute la ville ap-te nartenait à l’évêque seul ; qu’en cas d’excès ou de for-