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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXI.

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loin de rien faire contre sa personne, lui témoignèrentbeaucoup de respect, et, pour le gagner à leur cause, ilsdirent qu’ils avaient soutenu son droit en même tempsque le droit de la commune. Quatre-vingts des plus com-promis vinrent le requérir de les prendre sous sa sauve-garde; mais l’évêque, attentif par-dessus tout à faire va-loir ses privilèges comme seigneur haut justicier, leursignifia qu’ils eussent à se remettre entre les mains de sesofficiaux pour répondre sur leur conduite. Us se retirèrentfort mécontents et faisant grand bruit. Mais, malgré leurvictoire apparente, ils ne réussirent à rien, parce qu’ilsne pouvaient procéder à aucune élection régulière. Leparti de la haute bourgeoisie commença même à repren-dre le dessus; et plusieurs des complices de l’émeutefurent arrêtés et renfermés dans les prisons de l’évêque.Lelui-ci, en attendant l’arrivée du jeune roi, qui s’avan-çait avec un corps de troupes, tâchait de profiter des cir-constances pour jouer le rôle d’arbitre dans la dispute desbourgeois ; et dès que le roi fut entré dans la ville, aprèsl’avoir salué : « Très-redouté sire, lui dit-il, je vous de-« mande conseil, comme à mon seigneur, sur ce qu’il« me convient de faire en cette fâcheuse occurrence. »Le roi dit qu’il prenait sur lui le soin de faire prompteet bonne justice. — « Mais, très-cher sire, reprit l’évêque,« c’est moi qui ai dans la ville toute justice haute,« moyenne et basse; » et, comme le roi ne répondaitrien, il répéta jusqu’à trois fois la même remontrance 2 .

Le lendemain le roi se rendit à la halle, où les pairsétaient réunis en conseil, et il dit au peuple assembléqu’il voulait connaître de l’atfaire. Les magistrats muni-

Ilisi. de Beauvais, par Levasseur, p. 3C6.