LETTRE XXII.
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et des religieux de Sainte-Madeleine fut ébranlée denouveau, et des actes de rébellion eurent lieu contre leurautorité seigneuriale.
Un des religieux, inspectant à cheval les propriétés del’abbaye, rencontra un homme qui coupait du boisdans une réserve; il voulut lui enlever sa cognéepour gage de l’amende, mais cet homme le frappa vio-lemment et le renversa de cheval. Des serviteurs del’abbaye s’emparèrent du coupable, qui eut les yeuxcrevés par vengeance et sans aucun jugement 1 . A cettenouvelle, qui fit grand bruit, le comte de Nevers éprouva,ou feignit d’éprouver beaucoup d’indignation; il s’em-porta contre les moines, les accusant à la fois de cruauté,d’iniquité et d’attentat contre ses propres droits commeseigneur haut justicier 2 . Ne se bornant pas aux invec-tives, il somma judiciairement l’abbé Pons de compa-raître devant sa cour, pour y répondre sur diversesinterpellations qui lui seraient faites ; mais celui-ci n’obéitpoint, et il adressa au comte des remontrances sur lanouveauté de ses prétentions. Alors toute trêve futrompue; le comte entra en hostilité ouverte avec l’ab-baye et en fit dévaster les domaines. Il mit en état deblocus le bourg de Vézelay, et, après avoir fait publierpar un héraut la défense d’y entrer ou d’en sortir, ilenvoya des gens armés pour garder les routes. Par suitede ces mesures, les marchands et les artisans de Vézelay,retenus de force dans leurs maisons et ne pouvant plusrien vendre ni rien acheter au dehors, furent réduits à
1 Hist. Vizel. monast., lit», ni, apud L. d’Achery Spieil., t. H, p. 526, col. 2 .7 Quod factum quum resciret. Cornes, dissimulato gaudio quasi n;ictæopportunitatis ealumniandi, perditionem minatur hujusce rei facto-ribus. . 'Ibid.)