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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXV.

représentation nationale, il ne faut pas conclure qu’ellea toujours pensé, voulu et senti de même. Il pouvait yavoir, et il y a eu réellement pour elle, dans les sièclespassés, une tout autre manière d’exercer des droits etd’obtenir des garanties politiques. Il a fallu que toutesles constitutions particulières des villes de France eus-sent été successivement détruites ou énervées par l’inva-sion de l’autorité centrale, pour que le besoin d’uneconstitution générale , d’une constitution du pays, se fitsentir et ralliât tous les esprits vers un objet commun.

Si l’on voit, dès le xiv e siècle, des députés des princi-pales villes convoqués aux États Généraux, il faut se gar-der de croire, sur les seules apparences, que la bourgeoi-sie d’alors eût le même goût que ses descendants actuelspour les chambres législatives. En Angleterre même,dans ce pays qui passe pour la terre classique du gouver-nement représentatif, ce ne fut pas toujours une joyeusenouvelle que l’annonce des élections pour le parlementdans les villes et dans les bourgs. On y était même si peujaloux, au xiv e et au xv e siècles, d’exercer le droit élec-toral, que, si par hasard le shérif s’avisait de conférer cedroit à quelque ville qui n’en jouissait pas anciennement,les habitants s’en plaignaient comme d’une vexation. Ilsdemandaient au roi justice contre le magistrat qui mali-cieusement, c’est l’expression de ces sortes de requêtes,prétendait les contraindre à envoyer des hommes au par-lement *. A la même époque, plusieurs villes du midi dela France, invitées à nommer des députés aux États Gé-néraux, sollicitaient le roi d’Angleterre, maître de laGuyenne, de leur prêter un secours suffisant pour résis-

1 ... Malitiose constrictos ad mittendum hommes ad parlementa.

(Charta Edwardi III, apud Rymer, Fa>dera. Cmventiones, Ûlteræ, etc.)