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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXV.

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« Nous croyons, par cette mesure, accorder de grands« avantages et une grande faveur aux habitants de nos« provinces ; nous avons aussi la certitude d’ajouter à« l’ornement de la ville d’Arles, à la fidélité de laquelle« nous devons beaucoup, selon l’opinion et le témoignage« de notre père et patrice 1 . Donné le xv des kalendes de« mai, reçu à Arles le x des kalendes de juin. »

Certes, cette ordonnance impériale, où les intérêts pu-blics et ceux de la civilisation et du commerce jouent unsi grand rôle, offre plus de conformité avec nos mœursconstitutionnelles que les banns 2 , ou proclamations parlesquelles les rois et les comtes franks convoquaient àleurs mais tous les leudes du royaume ou de la pro-vince. Cependant l’institution de l’assemblée d’Arles futloin d’être aussi agréable aux Gaulois méridionaux quenous le supposerions aujourd’hui, en jugeant leur espritd’après le nôtre. Profondément dégoûtés d’un empiredont plusieurs fois, mais vainement, ils avaient essayé dese détacher, les habitants des cités gauloises tendaientalors de toutes leurs forces à l’isolement municipal ; touteespèce d’institution, même libérale, qui avait pour butde les rallier à l’administration des grands officiers impé-riaux, ne pouvait manquer de leur déplaire ou d’êtrereçue froidement par eux. Ce sentiment général de dés-affection est exprimé avec énergie par le poète SidoniusApollinaris, déjà cité plusieurs fois* « Sur la parole de« nos pères, dit-il, nous respectons des lois sans vigueur;« nous regardons comme un devoir de suivre de chute

1 Constantin, second mari de Placidie, qu’Honorius avait pris pourcollègue en 421.

5 Ce mot, dans la langue des Franks, signifiait à la fois publication , édit,sentence et interdiction.