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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXV.

« en chute une fortune décrépite; nous soutenons comme« un fardeau l’ombre de l’empire, supportant par habi-« tude plutôt que par conscience les vices d’une race« vieillie, de la race qui s’habille de pourpre 1 . »

Les empereurs romains n’étaient donc point aussi dé-terminés qu’on le pense à priver les habitants des pro-vinces de toute part à l’administration publique. Ils son-geaient même à employer les institutions représentativescomme un moyen pour arrêter le grand mouvement dedissolution qui entraînait en même temps toutes les pro-vinces, et jusqu’aux villes, dont les citoyens voulaients’en tenir à leurs affaires intérieures, et n’avoir plus rienà démêler avec celles de l’empire. Si l’autorité centraleétait impopulaire, ce n’était pas parce qu’elle refusaitobstinément ce que nous appelons aujourd’hui des ga-ranties politiques. L’offre même de ces garanties aug-mentait son impopularité, dont la cause était un besoinprofond d’indépendance nationale. L’ordonnance qui in-stituait l’assemblée d’Arles accordait à ceux qui devaienty être convoqués les droits les plus étendus de discussionet de délibération; et cependant la forte amende pronon-cée contre les personnes qui négligeraient de s’y rendre,l’emphase même avec laquelle le rescrit développe lesagréments de toute espèce qu’offrait alors le séjourd’Arles, décèlent la crainte d’une grande répugnance de

.Sed dum per verba parentum

Ignavas colimus leges, sanctumque putamusRem velerem per damna sequi; portavimus umbramImperii, generis contenti ferre vetustiEt vitia, ac solitam vestiri murice gentemMore magis quam jure pati...

(Sidonii Apollinaris Paneyyric. Avili lmp., apud Script, rer.gallic. et francic., t. 1, p. 810.)