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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXV.

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la part des propriétaires et des corps municipaux. C’étaitpourtant un privilège tout nouveau, octroyé à une classenombreuse de citoyens ; mais les membres des cités gau-loises mettaient au-dessus de tous les privilèges politiquescelui d’être séparés d’un empire qui les fatiguait depuissi longtemps. A la vérité, l’invasion des Barbares le leurprocura de gré ou de force; mais les guerriers habillésde peaux 1 , qui émigraient de la Germanie, n’apportaientaux provinciaux romains chez lesquels il venaient camperaucune espèce d’institution. Dans les différents Étatsqu’ils fondèrent, ils maintinrent, mais pour eux seuls,leur gouvernement national; et cette forme de gouverne-ment par assemblée, en dehors de laquelle demeu-raient les anciens sujets de l’empire, ne fut regardée parcette immense majorité de la population ni comme unbien ni comme un mal.

Dès leur premier établissement sur le territoire gau-lois, les Goths, les Burgondes et les Franks tinrent desassemblées politiques où ils délibéraient dans leur langue,sans le concours des indigènes, qui regardaient tout auplus comme un spectacle curieux ces réunions militaires,où les rois et les guerriers de race germanique assistaienten armes. Sidonius Apollinaris nous a transmis quelquesdétails sur l’une de ces assemblées tenue à Toulouse parTheoderik, roi des Visigoths. Ce poète décrit d’une ma-nière assez pittoresque la figure et l’accoutrement desBarbares qui se rendaient à ce qu’il appelle le conseil desanciens 2 3 . Il nous représente ces conquérants du Midi

1 ... Pellitæ turmæ... satellites pelliti... (Sidon. Apollinar. Carmina,

npud Script, rer. gallic. et francic., 1.1, p. 807, passim.)

3 Postquam in concilium seniorum venit honora

Pauperics...

(Ejusdem Panegyric. Avili lmp., ilmi-, p. 809.)