DE MADAME DE SÉV1UNÉ.
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plus ont pris plaisir de se servir de cette occasion pour étalerleur marchandise; voici la nôtre :
Quatorze contrats de mariage de père en fils; trois cent cin-quante ans de chevalerie; les pères quelquefois considérablesdans les guerres de Bretagne, et bien marqués dans l’histoire ;quelquefois retirés chez eux comme des Bretons, quelquefois degrands biens, quelquefois de médiocres, mais toujours de bonneset de grandes alliances ; celles de 350 ans, au bout desquels onne voit que des noms de baptême, sont du Quelnec, Montmo-rency, Baraton et Châteaugiron; ces noms sont grands; cesfemmes avaient pour maris des Rohan et des Clisson ; depuis cesquatre, ce sont des Guesclin, des Coaquin, des Rosmadec, desClindon, des Sévigné de leur même maison; des du Bellay, desRieux, des Bodegal, des Plessis-Ireul, et d’autres qui ne me re-viennent pas présentement, jusqu’à Vassô et jusqu’à Rabulin.
Tout cela est vrai, il faut m’en croire.Je vous conjure
donc, mon cousin, si vous me voulez obliger, de changer votreécriteau ; et si vous n’y voulez point mettre de bien, n’y mettezpoint de rabaissement. J’attends cette marque de votre justice,et du reste d’amitié que vous avez pour moi.
21. Au comte de Bussy-Rabutin,
A Paris, ce 7 janvier 1669.
Il est tellement vrai que je n’ai point reçu votre réponse sur lalettre où je vous donnais la vie, que j’étais en peine de vous, etje craignais qu’avec la meilleure intention du monde de vouspardonner (comme je ne suis pas accoutumée à manier uneépée), je ne vous eusse tué sans y penser. Celte raison seule meparaissait bonne à vous pour ne m’avoir point fait de réponse.Cependant vous me l’aviez faite, et Ton ne peut pas avoir étémieux perdue qu'elle ne Ta été. Vous voulez bien que je la re-grette encore. Tout ce que vous écrivez est agréable ; et si j’eussesouhaité la perte de quelque chose, ce n’eût jamais été pourcette lettre-là. Vous me dites très-naïvement tous les écriteauxqui sont au bas de mes portraits; je suis persuadée que ceuxqui en ont parlé autrement ont menti; mais celui où vous melouez sur l’amitié, qu’en dites-vous? J’entends votre ton, et jecomprends que c’est une satire selon votre pensée ; mais commevous serez peut-être le seul qui la preniez pour une contre-vé-rité, et qu’en plusieurs endroits cette louange m’est acquise parîles raisons assez fortes, je consens que ce que vous avez écritdemeure écrit à l’éternité; et pour vous, monsieur le comte,sans recommencer notre procès ni notre combat, je vous diraique je n’ai pas manqué un moment à l’amitié que je vous devais.