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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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DE MADAME DE SÉVIGNÉ.

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point fait couper les cheveux, et mademoiselle de La Borde lui a fait unecoiilüre qui est tout aussi bien que les autres par les côtés : mais le dessusde sa tête na garde détre galant, comme celles dont on voit la racine descheveux. Enfin, madame, il nest question dautre chose à Saint-Ger-main; et moi, qui ne veux point me faire couper les cheveux, je suisennuyée à la mort den entendre parler.

MADAME DE SÉVIGNÉ.

Cette lettre est écrite hors dœuvre chez Trochanire. La com-tesse ( de Fiesque ) vous embrasse mille fois; le comte que jaivu tantôt, voudrait bien en faire autant : je lui ai dit votre sou-venir , et le dirai à tous ceux que je trouverai en chemin.

Après tout, nous ne vous conseillons point de faire couper vosbeaux cheveux ; et pour qui, bon Dieu? Cette mode durera peu ;elle est mortelle pour les dents : Taponnez-vous seulement pargrosses boucles, comme vous faisiez quelquefois; car les pe-tites boucles rangées de Montgobert sont justement du tempsdu roi Guillemot.

47. A madame de Grignan.

A Paris, vendredi io avril 1671.

Je vous écrivis mercredi par la poste, hier matin par Mago-letti; aujourdhui encore par la poste ; mais hier au soir je per-dis une belle occasion. Jallai me promener à Vincennes, en fa-mille et en Troche *; je rencontrai la chaîne des galériens, quiparlait pour Marseille ; ils arriveront dans un mois. Rien neûtété plus sûr que cette voie : mais jeus une autre pensée, cétaitde men aller avec eux. Il y a un certain Duval, qui me paruthomme de bonne conversation : vous le verrez arriver, et vousauriez été fort agréablement surprise de me voir pêle-mêle avecune troupe de femmes qui vont avec eux. Je voudrais que voussussiez ce que mest devenu le mot de Provence, de Marseille,dAix ; le Rhône seulement, ce diantre de Rhône, et Lyon, mesont de quelque chose. La Rretagne et la Rourgogne me parais-sent des pays sous le pôle, je ne prends aucun intérêt : ilfaut dire comme Coulanges ; O grande puissance de mon orvié-tan ! Vous êtes admirable, ma fille, de demander à labbé 2 demempêcher de vous faire des présents : quelle folie! Hélas!vous en fais-je? Vous appelez des présents les gazettes que jevous envoie : vous ne môterez jamais de lesprit lenvie de vousdonner ; cest un plaisir qui mest sensible, et dont vous ferieztrès-bien de vous réjouir avec moi, si je me donnais souvent

Avec madame de la Troclie , son amie.

* Labbé de Coulanges, qui passait sa vie avec madame de Sévigné, sa nièce*