LETTRES
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contrefaire la tète naissante; cela est fait dans un moment. Vosdames sont bien loin delà, avec leurs coiffures glissantes depommade, et leurs cheveux de deux paroisses : cela est bienvieux. Votre peinture du cardinal Grimaldi 1 est excellente : celamord-il? est plaisant au dernier point, et m’a bien fait rire ; jevous souhaite de pareilles visions pour vous divertir. Entin Mont-gobert sait rire ; elle entend votre langage : qu’elle est heureused’avoir de l’esprit, et d’être auprès de vous ! Les esprits où il n’ya point de remède font bouillir le sang. Je vous remercie de voussouvenir du reversis, et de jouer au mail; c’est un aimable jeupour les personnes bien faites et adroites comme vous : je m’envais y jouer dans mon désert. A propos de désert, je crois qu’Ad-liémar vous aura mandé comme le laquais du coadjuteur, quiétait à la Trappe, en est revenu à de'mi-fou, n’ayant pu supporterces austérités : on cherche un couvent de coton pour l’y mettre,et le remettre de l’état où il est. Je crains que celte Trappe 2 , quiveut surpasser l’humanité, ne devienne les Petites-Maisons.
Je pleurais amèrement en vous écrivant à Livry, et je pleureencore en voyant de quelle manière tendre vous avez reçu malettre, et l'effet qu’elle a produit dans votre cœur. Les petits es-prits se sont bien communiqués, et sont passés bien fidèlementde Livry en Provence : si vous avez les mêmes sentiments toutesles fois que je suis sensiblement touchée de vous, je vous plains,et vous conseille de renoncer à la sympathie. Je n’ai jamais rienvu de si aisé à trouver que la tendresse que j’ai pour vous : millechoses, mille pensées, mille souvenirs, me traversent le cœur;mais c’est toujours de la manière que vous pouvez le souhaiter :ma mémoire ne me représente rien que de doux et d’aimable ;j’espère que la vôtre fait de même. La lettre que vous écrivez àvotre frère est admirable. Vous avez très-bien deviné; il est dansle bel air par-dessus les yeux : point de pâques, point de jubilé.Je n’ai rien trouvé de bon en lui, que la crainte de faire un sa-crilège; c’était mon soin aussi que de lui en donner de l’horreur :mais la maladie de son ame est tombée sur son corps, et ses mai-tresses sont d’une manière à ne pas supporter cette incommoditéavec patience : Dieu fait tout pour le mieux. J’espère qu’unvoyage en Lorraine rompra toutes ces vilaines chaines-là. 11 estplaisant, il dit qu’il est comme le bonhomme Éson, il veut sefaire bouillir dans une chaudière avec des herbes fines, pour seravigoter un peu; il me conte toutes ses folies, je le gronde, etje fais scrupule de les écouter; et pourtant je les écoule. Il meréjouit, il cherche à me plaire ; je connais la sorte d’amitié qu’ila pour moi; il est ravi, à ce qu’il dit, de celle que vous me té-
> Archevêque d’Aix.
* lt ny avait guère que huit ans que l'abbé Je Rance l’avait réformée.